- Enfin ! Dit-elle en se levant d'un bond.
Sortant de sa chambre, Sorès couru vers la cuisine où sa mère préparait le souper.
- Maman ! Devine quoi ?
- Quoi ?
- Je l'ai reçu ! J'ai enfin reçu la lettre d'acceptation de monsieur et madame Williams !
- Alors ? Lui demanda sa mère avec un sourire.
- Ils acceptent de me prendre pour trois mois, soit de janvier en mars. Je suis trop contente !
Et voilà, Sorès avait eu le message qu'elle attendait tant. De janvier en mars, elle partirait au New Jersey pour aller habiter dans un petit village bien tranquille dans le but d'apprendre l'anglais. Elle avait aussi eu l'occasion de participer à un voyage échange ; pendant trois mois une anglaise serait venue habiter chez elle pour apprendre le français et les trois mois suivant ça aurait été à son tour d'accueillir l'autre chez elle pour qu'elle apprenne une seconde langue à son tour. Mais cette idée lui avait un peu déplu car elle aurait dû héberger quelqu'un. Ça aurait été un échange équivalent, mais lorsqu'on lui avait parlé d'un couple de personnes qui hébergeaient des jeunes pour que ceux-ci puissent apprendre leur langue, Sorès avait tout de suite adoré cette option. « Comment l'annoncer à Jade... ? » Se demanda soudain celle-ci. « Trois mois, c'est long après tout. » Après avoir décidé de n'y penser que le moment venu, elle retourna devant son ordinateur pour répondre aux Williams.
- Ah ! Tien... remarqua-t-elle. Il y a une photo en lien avec le message.
Elle l'ouvrit.
- Mais c'est un véritable palace cet endroit ! C'est incroyable !
La maison, faite entièrement de bois, était teinte bourgogne. Il y avait beaucoup de détails : moulures, sculptures, etc. Il y en avait juste assez. S'il y en avait eu plus, on aurait pu dire : « Trop c'est comme pas assez ! » Mais c'était parfait. De plus, tout semblait ancien.
- On dirait qu'il y a un terrain en arrière, murmura la jeune fille concentrée. Tien, il y a une deuxième photo...
En effet, il y avait un grand terrain à l'arrière. Il y avait un grand jardin remplit de fines herbes, de fruits et de légumes. Ce qui attira le plus l'attention de Sorès, ce fut la piscine creusée reliée à une grande galerie où se trouvait... un piano !
- Je sens que je vais m'y plaire ! Dit Sorès avec enthousiasme.
- Chérie vient manger ! Le souper est prêt et papa vient d'arriver !
- J'arrive maman ! Répondit la fille à sa mère qui était en bas des escaliers.
Arrivé dans la cuisine, elle dit bonjour à son père puis elle mit la table.
- Qu'est-ce qu'on mange aujourd'hui ?
- De la pizza aux riz. Je ne savais pas trop quoi faire et c'est rapide à préparer.
- Ça fait longtemps qu'on en a mangé en plus, ajouta son père avant d'embrasser sa mère. Je vais me laver les mains et je vous rejoins.
Depuis le premier regard, depuis la première parole, ses parents s'étaient aimés. Sorès rêvait aussi de trouver le grand amour un beau jour. « Comme toutes les filles de ce monde je suppose... » se dit-elle. « Qui n'en rêve pas ? »
- Salut Sorès !
- Allo Jade !
La première se leva pour suivre son amie jusqu'à la case qu'elles partageaient toutes les deux. Pendant que Jade enlevait son manteau et défaisait son sac d'école, Sorès décida de lui parler de la grande nouvelle.
- J'ai une grande nouvelle à t'annoncer, commença-t-elle.
- Mmm... répondit l'autre qui l'écoutait en sourdine.
- Monsieur et Madame Williams m'ont envoyé un message pour me dire qu'ils m'hébergeraient.
- C'est génial.
- Pendant trois mois.
Jade lâcha son sac et regarda sa meilleure amie dans les yeux.
- Trois mois ?!
- Ouais...
- Et...?
- J'ai accepté.
À présent, sa bouche était aussi ouverte que ses yeux ronds. « Oh non », se dit mentalement Sorès. « Comment lui faire comprendre que ce voyage compte beaucoup pour moi tout en faisant en sorte qu'elle comprenne que je ne l'abandonne pas ? »
- Ce voyage compte beaucoup pour moi Jade.
- Et moi dans tout ça ?
- Désolé... Tu vas me manquer tu sais, mais je veux vraiment le faire.
- Seulement pour apprendre l'anglais.
- Oui. Mais pour moi, ce n'est pas « seulement pour apprendre l'anglais. » Cette langue ouvre tellement de portes ! Être bilingue signifie liberté pour moi. Je vais pouvoir apprendre tellement de choses ! En plus, tu sais bien qu'on dit que les voyages forment la jeunesse, non ?
- Pas vraiment... Si tu veux tellement y aller, vas-y. Mais promet moi de ne pas me remplacer par une anglaise, ajouta-t-elle les yeux brillants.
- Promit, dit Sorès en riant.
- Je suis contente pour toi. Ah mais merde... Je me sens égoïste d'avoir pensée qu'à moi ! Je suis fière d'avoir une amie anglophone ! Rajouta-t-elle avec un large sourire.
- Qui va devenir, corrigea l'autre. Et puis ce ne sera que ma deuxième langue alors on peut pas dire que...
- J'ai comprit ! L'interrompit son amie en levant les yeux. Je n'ai pas envi de me retrouver avec un dictionnaire ambulant !
Tout en continuant de parler des prochains mois, les deux jeunes adolescentes montèrent les marches pour se rendre à leur premier cours lorsque Sorès fonça dans une personne.
- Désolé, je ne regardais pas où je mettais les pieds, s'excusa-t-elle précipitamment.
- C'est rien, dit l'autre en la voyant rougir en flèche lorsqu'elle s'était rendu compte que c'était...
- Salut Ray, dit-elle.
- Salut Sorès. Alors comment vas-tu ?
- Très bien, et toi ?
- Même chose. On se reparle en musique ? On a un cours à la deuxième. Désolé de te laisser comme ça, mais je dois aller parler à mon prof de physique.
- C'est pas grave. On se reparlera en musique. À tantôt !
Ils s'envoyèrent la main en partant chacun de leur bord. Jade observa son amie.
- Ça va ? Lui demanda-t-elle incertaine.
Sorès regarda dans la direction de Ray. Ne le voyant pas, elle dit en soupirant bruyamment :
- J'ai eu chaud !
Toutes deux rirent avant d'entrer dans la classe de français. Elles s'assirent à leur places habituelles au fond de la classe. Malgré le cours qui commençait, Jade sortit une feuille de papier, écrit dessus pour ensuite la passer à Sorès :
Jade : Alors ça fait quoi de foncer dans le beau Ray ?
Sorès : Ça donne un coup de gène et donc un coup de chaleur. Je pensais que mes joues allaient prendre feu !
Jade : Lol. Ça fait tellement longtemps que tu flash sur lui ! Tu devrais tenter quelque chose.
Sorès : Tu sais bien que je suis trop gêné pour faire quoi que ce soit.
Jade : Alors attend, et à la première occasion, tu lui sautes dessus !
Sorès : Mdr ! J'imagine la scène ! Et je fais quoi ensuite ?
Jade : Bah je sais pas, je m'appelle pas « idée ambulante » moi. C'est à ton tour d'en trouver une.
Sorès : Et bien je suis sûre qu'elle sera meilleure que la tienne.
Jade : Faut pas abuser !
Sorès : Lol. Je veux me concentrer sur le cours si ça ne te dérange pas. C'est de la nouvelle matière.
Jade : Ok !
Journal de Sorès au fil des jours...
Finalement, Ray et moi nous nous sommes parlé à la fin du cours de musique. Tommy, notre professeur, nous laisse toujours cinq ou dix minutes pour ranger nos instruments et tout le blabla qui va avec. On a beaucoup parlé, de tout et de rien. On s'entend bien ensemble. Et dire que je pars dans deux mois... Je commence à me demander si c'était une bonne idée. Mais bon, de toute façon il est trop tard pour reculer. Et puis, je ne pars pas pour toujours, ce n'est que trois mois. Vais-je me plaire à l'école où j'irai ? Me ferai-je des amis ? Est-ce que les Williams vont m'aimer ou me détester ? Saurai-je capable de me débrouiller avec le peu que je sais en anglais ? J'espère qu'oui ! Après tout, j'ai déjà mon secondaire cinq de réussi en seconde langue... Même si ça ne veut pas dire grand chose. Je devrais arrêter de penser à ça, à quoi bon ? Ça ne fait que m'inquiéter davantage.
Les jours se succèdent les uns après les autres. Pour moi, ils sont tout pareils. Je vais à l'école, je fais mes devoirs à la maison, je parle à mes amis sur msn, je travail parfois la fin de semaine au resto à quelques pas de chez moi... En bref, c'est vraiment plat. Je n'ai pas reparlé à Ray depuis. Ce voyage va vraiment me faire du bien en fin de compte. J'ai de plus en plus hâte.
Vint les vacances de Noël. Mes parents, mon frère et moi nous rendîmes à Montréal pour voir la famille. C'est bon de les revoir : ils sont tellement drôles !
Janvier arrive avec son vent glacial. Au moins je ne serai pas là pendant toute cette période glaciale, ce sont les pires des mois selon moi. Il fait tellement froid. Je sens mon nez et mes oreilles devenir rouges et glacer petit à petit alors que je guette l'autobus. Ou plutôt je ne les sens plus du tout... Mars me manquera par exemple. Le mois des tempêtes est mon préféré (en plus c'est le mois des sucres ! ). L'an passé, j'ai dû dormir chez Jade une nuit de plus car les routes étaient barrées. Nous étions sortis dehors, habillé comme des Esquimaux alors que la tempête nous fouettait le peu de peau que nous avions laissé à l'air libre : nos yeux.
Aujourd'hui, il reste moins d'une semaine avant mon départ. Je suis plus nerveuse de jour en jour.
Sorès était nerveuse certes, mais elle avait plus peur encore. Ce serait la troisième fois qu'elle irait aux États-Unis, mais elle n'y était jamais restée plus de quatre jours d'affilés. Cette fois, c'était trois mois. Depuis décembre, Sorès avait beaucoup parlé au finissant qu'était Ray. Avant de le connaître, elle avait voulu sortir avec. Enfin... elle croyait avoir des sentiments pour lui. Et oui, même s'il ne s'était pas beaucoup parlé. Cependant, il s'avéra qu'ils ressentaient beaucoup d'amour l'un pour l'autre. Mais ils s'aimaient d'un amour amical. Lorsqu'il avait apprit que sa nouvelle amie partait, il avait tout de suite été profondément heureux pour elle. Lui aussi comprenant l'importance de ce voyage.
À la dernière journée, Sorès serra Jade et Ray dans ses bras en pleurant avant de partir devant le stationnement où son frère l'attendait dans l'auto. Elle ouvrit la portière passagère et s'assit en essuyant ses larmes.
- Ça va aller ? Lui demanda sincèrement Lidan.
- Ouais... répondit-elle en regardant ses amis qui étaient encore dehors dans le stationnement des autobus. Elle leur envoya la main par sa fenêtre baissée : ils lui rendirent son salut en souriant.
Après avoir roulé pendant une vingtaine de minutes en silence, les jumeaux arrivèrent à domicile. Sorès alla directement dans sa chambre. Couché sur son lit, elle écouta de la musique en pensant à ce qui l'attendait. Était-elle prête à partir si loin de chez elle pour quelques mois à une place totalement anglophone ? Soudain, le sentiment de défi qui l'avait poussé à s'inscrire pour ce voyage revint. Elle était prête. Nerveuse mais confiante.
Le lendemain était vendredi. Sorès partait le samedi. Il neigeait énormément et le ciel était complètement couvert. La jeune fille préparait ses bagages tranquillement en écoutant les nouvelles à la radio. Elle était perdue dans ses pensées lorsqu'on frappa à la porte de sa chambre.
- Salut Papa
- Salut ma puce, répondit-il en allant s'asseoir sur le lit de sa fille. Tu te sens prête ?
- Oui. Je finis mes bagages et je le serai complètement. J'ai hâte de partir, mais en même temps je n'ai pas envi de vous quitter.
Une larme perla à son ½il. Son père la prit dans ses bras.
- Lorsque tu seras là bas, ne pense pas trop à nous. Profite plutôt du moment présent. Sinon le voyage n'en vaudra pas la peine. Profite de toutes les occasions pour apprendre tout ce que tu peux.
- D'accord papa, dit-elle en séchant ses larmes.
- Tu me le promets ? Insista-t-il.
- Promit.
Il s'en alla pour qu'elle puisse terminer ses valises. Au souper, elle remarqua que son frère ne l'avait pas critiqué depuis quelques jours. Elle appréciait le geste. Ils firent la vaisselle puis Sorès retourna dans sa chambre. Elle passa le reste de la soirée à parler avec ses amis sur msn puis elle se coucha vers neuf heure, devant se lever à six heure le lendemain matin. Elle n'arrivait pas à s'endormir. « Normal », pensa-t-elle. « Je suis tellement stressé intérieurement. » Comme truc, elle se concentra sur la tempête de neige et le vent qui faisaient rage dehors à travers les éclairs. Elle s'imagina, volant librement à travers l'orage. Elle volait, elle était libre, elle... s'endormit.
C'était le jour « J ». Pourquoi « J » ? Aucune idée. Mais on dit toujours ça dans les grands moments – si quelqu'un le sait, laissez un com's ! Sorès était confiante. Dans l'auto avec ses parents, elle parlait du moment où elle serait arrivée. Oui elle les appellerait, oui elle leur enverrait des photos par Internet, oui elle... Tout le blabla quoi. À l'aéroport, la jeune fille perdit un peu de son assurance. Elle n'avait jamais pris l'avion, et pour sa première fois elle irait seule... Malgré tout, elle alla de l'avant avec confiance après avoir serré fort ses parents dans ses bras.
« C'est trop génial ! Je suis enfin partie de chez moi. Je me sens tellement... libre. Je n'aurais jamais pensé partir seule en avion à 15 ans. » Pendant le trajet, Sorès lut un peu et composa quelques paroles en vue d'en faire une nouvelle chanson. Ça serait la troisième. La première n'était pas fabuleuse. Ce n'était qu'un essaie qu'elle avait fait il y a deux ans. La deuxième datait d'un an. Elle l'aimait beaucoup, mais elle sentait qu'il manquait quelque chose. À travers tout ça, elle avait pratiqué des accords au piano, se les remémorant, en rajoutant, les modifiant, changeant certains rythmes. Elle les gardait en mémoire...
Déposant ses feuilles dans son sac d'école qu'elle avait gardé avec elle, la jeune voyageuse s'endormi en regardant les nuages par le hublot à sa droite.
- Mademoiselle ?
Sorès se réveilla tranquillement.
- Mademoiselle ? Insista la l'hôtesse de l'air.
- Oui ? Dit-elle encore un peu endormi.
- Nous sommes arrivés.
- Déjà ?
Elle prit son sac et suivit la dame. Dehors, une foule de personnes était rassemblée. « Qui sont les Williams ? » Se demanda nerveusement Sorès.
- Sorès ? Demanda une vieille femme avec un accent. Sorès Moralos ?
Les Williams ne parlaient pas français. Les conversations durant son voyage seraient donc toutes en anglais (pour le besoins de la cause ce sera écrit en français ^^).
- Oui, répondit celle-ci en anglais.
- Nous sommes monsieur et madame Williams, dit-elle en présentant son mari puis elle-même.
- Enchanté. J'avais vraiment hâte de vous rencontrer.
- Nous aussi, dit-elle d'une voix chaleureuse. Viens, nous allons récupérer tes bagages.
- Je vous suis.
M. Williams lui souri avec bienveillance avant de suivre sa femme.
« Il n'y a pas plus chaleureuse personne. Ils sont tellement gentils ! Après avoir été cherché mes bagages, nous nous rendons à leur voiture : une belle ancienne voiture brune – je ne connais pas assez ça pour en définir la marque. Elle est tout simplement magnifique. M. Williams m'a expliqué que cette voiture était un cadeau de son père lorsqu'il était plus jeune. Son père avait dû être riche pour offrir un si beau cadeau à son fils. Ça ne reste malgré tout qu'une hypothèse. Après avoir roulé deux heures, nous arrivons à leur maison... qui est dix mille fois plus belle que sur photo ! C'est tellement grand. Je monte les escaliers et suis les Williams dans leur demeure. Je laisse mes bagages dans l'entré et ils me font tous deux visiter. Nous montons des marches et ils me montrent une pièce interdite qui est d'ailleurs fermée : leur chambre. Dans un coin de l'étage se trouve un escalier que je n'avais pas remarqué jusque là. C'est là haut que se trouve ma chambre.
Après être retourné chercher mes bagages, je monte seul après que Mme Williams m'aie dit de redescendre pour dîner à midi. Arrivé en haut, je n'en crois pas mes yeux... »
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Voilà la suite, j'espère
que ça vous a plu. Moi oui en tout
cas ! Dans le chapitre 2, elle rencontrera
enfin l'amour... Je n'en dit pas plus !
Tous ceux qui me connaissent
pensent que je suis Sorès... enlevez vous
ça de la tête s'il vous plait ! >_< Y'a plein de chose
quelle fait et que je ne ferais pas. Imaginez la autre
que moi, ça sera plus le fun. Enfin... je crois. Bref, la suite
est presque fini d'écrire, mais il reste à la copier sur world. Déjà que celle là
m'a prit tout mon temps d'étude... La suite est encore plus longue >_<
J'esserai de ne pas tarder, je vous l'assure. Merci pour vos com's !